

Je me suis amusé il y a quelques jours à utiliser de nouveau mon bon vieux Pentax K-1000. Chemin faisant je me suis livré à quelques pistes de réflexion. Le numérique permet bien entendu de modifier à outrance n’importe quelle image. D’épais volumes sur la modification digitale existent et il se trouve même bon nombre de revues spécialisées dans le domaine. Avec la photo numérique les gens prennent des quantités phénoménales de photos et se disent que de toute façon, que la photo soit bonne ou mauvaise, ils pourront en modifier tous les aspects avec Photoshop ou autre, quitte à ce que le résultat soit presque radicalement différent de l’original.
Est-ce que la photo numérique ne nous a pas éloigné de la véritable photographie? Celle des Doineau, Cartier-Bresson, Atget, Lartigue, Riboud, Capa et Adams, pour n’en nommer que quelques uns. Ceux qui passaient l’essentiel de leur temps dehors, trimbalant leur caméra. D’ailleurs, Cartier-Bresson n’a t-il pas fait l’essentiel de sa carrière avec un Leica 35mm et une lentille 50mm? Est-ce que la photographie n’est pas un art spontané plutôt que calculé? Recommencer à utiliser mon K-1000 m’a fait renouer avec un aspect de la photographie que j’en était presque venu à oublier.

Pour dater cette photo il faut remonter en septembre 2003 alors que je n’avais mon Powershot A60 que depuis quelques mois. Cette petite caméra, dotée d’une mièvre résolution de 2 mégapixels, était alors considérée comme juste assez bonne pour les anniversaires, fêtes de famille et autres trucs du genre. Le type qui me l’avais vendu au défunt magasin ImagePoint me l’avais bien dit et si la photographie “sérieuse” m’intéressait alors le DSLR s’imposait comme arme de choix. Son argument était valide mais mon budget ne s’accordait pas en genre et certainement pas en nombre avec le prix. Puis je me suis mis en tête de produire de belles images avec cette petite caméra de poche. La photo qui accompagne cet article fait partie des premières dites “sérieuses” et même si elle comporte des erreurs techniques flagrantes (la règle du tiers entre autres) elle constitue pour moi les fondations du style que je continues de travailler encore aujourd’hui.

Il m’arrive quelquefois d’aller faire de la photo avec rien d’autre que mon petit appareil numérique récemment acquis. J’aime bien saisir les occasions qui se présentent avec ce petit bidule en poche. Pas de gros appareil, pas de lentilles, pas de piles, de cartes-mémoire… Tout juste un petit truc qui tient dans le creux de la main. Bien des gens s’imaginent à tort, encore aujourd’hui, que les petits appareils ne sont pas faits pour la photo sérieuse et qu’ils sont juste bons pour les photos du genre que l’on faisait dans le temps de l’ Instamatic de Kodak.
Comme vous pouvez le constater avec la photo qui orne cet article, rien de plus faux. En fait, bien des appareils compacts possèdent toute une foule de caractéristiques qui n’étaient, il n’y a encore pas si longtemps, réservées au pros. Prenez votre manuel et feuilletez-le. Prenez connaissance des fonctions, faites des tests et sortez. Osez! Vous pourriez être agréablement surpris des résultats.

C’était au début d’avril 2003 et j’étais prêt à investir pour ma première caméra digitale. Sous la recommendation d’un ami photographe, je me suis rendu chez Image Point, une boutique photo sise sur la rue Ste-Catherine, un commerce qui n’existe malheureusement plus aujourd’hui. Un conseiller m’a alors présenté quelques modèles pouvant correspondre à mes goûts ainsi qu’a mon budget. Après avoir regardé et manipulé quelques appareils, j’ai fait mon choix: une Canon Powershot A60 d’une résolution de 2 mégapixels. C’est donc avec cette caméra que je me suis alors remis à la photographie.
Malgré sa petite résolution, cette caméra était capable de résultats assez appréciables. Je me souviens encore de Marie lors de ma première session photo de nu avec elle. C’était en février 2004. Dans mon salon un peu surchauffé en raison du temps froid dehors, je mettais la dernière main au setup lorsque Marie me demanda quel genre de caméra j’utilisais. Elle afficha un regard mélangé de surprise et de confusion lorsque je lui montrai la petite A60 et seulement la A60. Amusée, elle m’avoua tout de même être bien curieuse de voir les résultats. Voici une des photos qui fut prises lors de cette première session et qui fit de Marie une believer.

Durant l’été 2004 je fis la connaissance de Geneviève, une fille possèdant des qualités photogéniques remarquables. C’était facile à voir. A trois où quatre reprises elle m’a gentiment servi de modèle lors d’escapades qui avaient lieu généralement dans le Vieux-Montréal. Là encore, la petite caméra that could me donna des résultats vraiment intéressants, comme cet exemple plus bas:

En juillet 2004 , dans le Vieux-Montréal, alors que je m’apprêtais à faire ce que je croyais être une session de portraits qui durerait toute la journée, la caméra ne prit que quelques photos avant de s’éteindre dans le mutisme électronique le plus complet. Lorsqu’elle se ralluma, elle m’afficha un code d’erreur qui s’avèra sérieux. Bien que la garantie était échue depuis avril, Canon accepta gentiment de la réparer à ses frais. Ce qu’elle fit. La caméra me revint moins de trois plus tard en parfait état de fonctionnement.
La caméra eut de nouveaux ratés en 2007 alors que le capteur n’arrivait plus à photographier correctement. Toutes les photos qu’elle produisait étaient complètement distortionnées. Je l’ai donc rangé en y pensant plus. Puis, un ami me refila un tuyau à l’effet que ce problème particulier était réparé gratuitement par Canon. Après avoir pris mes informations chez Canon je l’ai donc envoyé la-bas où elle fut encore réparée sans frais. Bien entendu à ce moment je carburait principalement avec ma rebel XT mais j’aimais bien trimbaler ma A60 avec moi tout le temps, ce que je ne faisais pas toujours avec ma Rebel. Lors d’une promenade banale ou d’un déplacement quelquonque il m’arrivait d’appercevoir quelque chose à prendre en photo. A ce moment je sortais rapidement la A60, la mettais en marche, prenait la photo et la remettais dans ma poche. Un jeu d’enfant. Dernièrement lors d’une de ces promenades je pris une de ces photos et puis ensuite elle emit un son bizarre et s’éteignit pour ne plus redémarrer. J’ai donc dû me rendre à l’évidence qu’elle venait cette fois-ci de prendre sa dernière photo, que voici:

Comme je le disais, avoir une caméra compacte est quelque chose que je trouve toujours utile et agréable, même si l’on dispose de jouets comme la Rebel XT ou la 40D. Je me suis donc rendu dans une boutique photo ou, comme en avril 2003, je me suis amusé à regarder les différents modèles. Cette fois c’était beaucoup plus facile et je n’ai pas eu à embêter la vendeuse avec moults questions. Je suis donc reparti avec le digne successeur de ma A60, une rutilante Powershot A590 Is, petite caméra honnête et sans prétention dont j’avais lu de bonnes critiques. Quant à la A60, elle n’ira point aux ordures ou au recyclage. Néni. Elle ira rejoindre mes caméras de collection.

Canon entra dans le marché numérique grand public en mai 1996 avec le Powershot 600 d’une résolution de 0.5 mégapixels. Se suivirent ensuite toute une gamme de caméras Powershot dont la popularité explosa au tournant du millénaire alors que la qualité montait en flèche et que les prix devenaient de plus en plus abordables. Le modèle A60 fut introduit par Canon en février 2003 (en même temps que le A70 qui offrait 3 mégapixels). Il faut dire aussi que ces appareils offraient en plus une foule de fonctions automatiques, semi-automatiques et manuelles.
J’ai acquis cet appareil, mon premier numérique, en mai 2003. Equippé d’un capteur CCD de 2 mégapixels, il fait figure de dinosaure comparé à ceux de la même catégorie sur le marché aujourd’hui. Toutefois, il a quelques particularités que l’on ne retrouve plus comme la lentille en verre (comparativement au plastique utilisé dans les appareils contemporains). Sa qualité d’image en surprend plus d’un et il se trouve encore des gens qui peinent à y croire.

Il est quand même ironique que c’est cet appareil dans ma collection qui apparaît le plus usé et pour cause, je le trimbale toujours avec moi et je l’ai utilisé beau temps mauvais temps, souvent pour produire quelques unes des photos qui se retrouvent ici.

Le nom pourrait laisser penser qu’il s’agit d’une caméra “made in France”, mais ce n’est pas le cas. L’Imperial était la marque principale commercialisée par la compagnie Herbert George Co. (Chicago), une compagnie fondée en 1945 par Herbert Weil et George Israel. En 1961 la compagnie changea de nom pour Imperial Camera Corp. Elle fabriquait des caméras en bakelite et en plastique – certainement parmi les premières à être aussi colorées. On y retrouvait des modèles rouges, bleus, noirs, beiges et verts (la variante la plus populaire).

L’Imperial Savoy, manufacturé alors que la course spatiale commençait, arborait un look décidément futuriste (pour l’époque) et était flanquée à l’avant d’une plaque d’aluminum arborant un logo spatial. Cette caméra-ci utilisait du film de type 620 (discontinué) et la qualité des photos était… bon, passons. Tout dans ce boîtier respire le “cheap” et la seule pièce de métal est la clip que l’on apperçoit en-dessous. N’en demeure pas moins que ce modèle fut relativement populaire à l’époque.