Aujourd’hui c’est tellement simple. Quand on a besoin de remplir la dépense tout ce qu’on fait c’est d’aller au supermarché. Quoique l’exercice est quelque chose qui me tape de plus en plus sur les nerfs. Quand ce n’est pas le monde qui conduisent leur carrosse comme des zombies marinés où le pot de je ne sais trop quelle substance extra-terrestre qui s’est cassé dans une allée c’est le commis-emballeur et la caissière qui n’arrêtent pas de jaser de ce qu’ils ont fait/vont faire la fin de semaine passée/suivante. Quand je sors c’est pratiquement un soulagement. Vous savez ce que je veux dire par soulagement? Comment se fait-il qu’avant, quand j’étais gamin et qu’on allait chez Dominion c’était si amusant?
Imaginez vers 1914 quand le monde de l’actuel Hochelaga-Maisonneuve avaient besoin de bouffe. Dominion était hors de question, parce que ça n’existait pas. Il y avait bien Steinberg mais ce n’était qu’une épicerie de la rue St-Laurent (où se trouve l’actuel Biltmore), et puis pour quelqu’un d’Hochelage-Maisonneuve, aller sur St-Laurent était une maudite trotte. On allait alors au Marché Maisonneuve. Ce marché, c’est Marius Dufresne (le frère de l’autre et co-propriétaire du château du même nom au coin de Pie-IX et Sherbrooke) qui en a fait les plans en 1912. On a même commandé une grosse sculpture à Alfred Laliberté; la Fermière, qu’on a installée dans une fontaine. Deux ans plus tard tout était fini et prêt à recevoir des marchands de fruits et légumes. On pouvait même acheter du bétail. Wouah! Pouvez vous imaginer le type qui s’en va dans une stalle et qui achète un gros boeuf. Il revient chez lui et quand sa femme lui demande ce qu’il a ramené pour souper il montre le gros ruminant dans la cour qui bouffe le gazon. Non, je rigole. Mais quand même. Ca devait être vachement plus amusant que d’entendre la p’tite voix criarde de caissière au timbre de voix de klaxon de bicyclette qui demande tous les emballeurs aux caisses.
Il y a un certain temps de celà j’ai apperçu, sortant d’un restaurant, une fille complètement saoûle. Paquetée. Elle marchait tout croche, ziz-zaguait ici et là, manquait de rentrer dans un poteau de téléphone ou de trébucher dans les ordures. Elle ne s’est pas étendue de tout son long mais elle chantait. Tout croche, en faisant aboyer les chiens (et peut-être quelques chats) du quartier. Elle a probablement fini sa longue promenade en se disant « …merde je viens de tomber dans une chiotte! ». C’était un peu comme regarder une fusée de la NASA hors de contrôle. Un peu comme le CHUM aussi; un trajet chaotique, long, pénible, dur à écouter, quelquefois amusant dans sa bêtise mais dont on a hâte que ça se termine. Ca fait maintenant dix ans (give or take) que cette bordélique entreprise traîne les rues. Après tout ce temps et je ne sais combien de millions y’a toujours pas une seule pelletée de terre et ça ne me surprendrait pas une miette qu’on retombe dans les tergiversations quant à l’endroit où construire ce foutu cirque sans parler des PPP. Carry on gentlemen!
On a commençé à construire le site d’Expo 67 en juillet 1963 avec un deadline bien précis: 28 avril 1967. Moins de quatre ans pour créer deux îles d’une superficie de 1000 acres et construire plus d’une centaine de bâtiments incluant les infrastructures d’électricité, de téléphone, d’acqueduc et d’accès. Tout le monde impliqué dans le projet avait un immense pètard allumé dans le cul et la grande majorité des gens d’ici et d’ailleurs étaient assez convaincus que ça pèterait. On se donnait quelques coups de coude dans les côtes et on se disait: Ha ha! Ils vont se planter vous allez voir!! D’ailleurs, la foire de New-York avait foiré et personne dans la compagnie de l’Expo n’avait la moindre expérience dans la construction d’une exposition internationale de première catégorie! Ha ha! Qu’on se redisait. The perfect storm. Et vous savez ce qui est arrivé ce fameux 28 avril 67??
Par chance on n’avait pas à cette époque les décideurs d’aujourd’hui alors on a livré la marchandise. A temps. Et on a montré au monde entier comment recevoir 50 millions de personnes avec style et panache! J’ai parfois cette impression, voire cette conviction, que c’est ce qu’il faudrait à nos politiciens d’aujourd’hui quand ils annoncent un gros projet: un pètard dans le cul. Peut-être que ça ne leur dérangerait pas mais les connaissant ils voudraient probablement qu’il soit mouillé avant qu’il soit insèré. C’est peut-être pour ça que l’îlot Voyageur est toujours sur le béton, que le métro de Laval a coûté si cher, que le CHUM n’avance pas, que la Caisse de Dépôt perd 40 milliards en haussant les épaules et que ce n’est pas demain la veille qu’on verra les nouvelles voitures de métro se ballader dans les tunnels. Pas grave. Go Habs go!
J’ai possèdé ce disque il y a plusieurs années. Trouvé au début des années 80 chez Sam the Record Man (pour ceux qui se souviennent de temple mythique du vinyle). Et puis un jour, sais pas pourquoi, le disque est disparu de mes affaires. Durant l’été dernier je l’ai revu au marché aux puces, au kiosque d’une très petite dame au demeurant fort gentille. Pour une raison qui m’échappe encore je l’ai laissé là. En anglais on appelle ça un « brain fart ». Durant trois visites subséquentes au marché aux puces j’ai recherché le disque en question sans jamais pouvoir le retrouver. Aujourd’hui ma chance a tourné. Et comme la p’tite madame a quelque chose comme une quarantaine de boîtes, j’vous dis pas la job. Avec mon gros manteau d’hiver sur le dos. Négocié pour un gros dollar. Ouaip.
Là, vous allez me demander ce qu’il peut bien avoir ce foutu disque pour que je me donne autant de troubles. Tout d’abord, il fait partie de ces disques instrumentaux que j’aime bien écouter quand je gribouille ou autre. C’est d’ailleurs un disque qui est resté 8 semaines en première position du Billboard en ‘65 et plus de quarante semaines dans le Top 40. La toune « A Taste of Honey » s’est méritée trois Grammys. « Whipped Cream » (une autre toune du disque) a été adaptée pour devenir la chanson-thème de l’émission télé « The Dating Game ». Et puis il y a cette fameuse pochette qui, pour 1965 était assez olé-olé. C’est une fille du nom de Dolores Erickson qui pose. Elle paraît couverte de crème fouettée mais comme ça fondait sous les lumières on a utilisé de la crème à barbe. Et la fille était enceinte de trois mois. Pourquoi je vous raconte ça? Aucune idée.
Je fais partie de cette génération qui passait la majorité de son temps dehors. A l’extérieur. Au grand air. Pas de consoles vidéo Litter-Box, Wee-Wee, PMS 3 ou autres babioles. Combien de fois on se faisait dire de rentrer le soir parce qu’il faisait noir? Comme on voyait encore nos mains, ce n’était pas un noir absolu alors nos on restait. Donc, par définition, la télé était un truc assez accessoire. Quand on s’installait devant c’est parce qu’on avait une maudite bonne raison. Le samedi après-midi entre 16:00 et 16:30 était une de ces périodes. Parce qu’il y avait une émission déjantée qui passait à Radio-Canada: Déclic!
Déclic était une émission britannique du nom de « Vision On » qui fut diffusée de 1964 à 1976 et initialement destinée à un auditoire d’enfants sourds. A cause de sa grande originalité, « Vision On » parvint à acquérir un public très large, bien au-delà de celui initialement visé. L’émission avait bien sûr pour but de divertir mais aussi d’encourager la créativité à l’aide de nombreuses séquences où s’entremêlaient humour et absurdité. Les animateurs étaient Pat Keysell, une actrice spécialisée dans le language des sourds-muets ainsi que le regretté Tony Hart qui dessinait et bricolait sans cesse tout en encourageant les enfants à en envoyer leurs créations.On retrouvait aussi Ben Benison et Sylvester McCoy qui se spécialisaient dans le mime de même que Wilf Lunn (le professeur eccentrique) ainsi que David Cleveland (le Prof). Il y avait aussi de courtes séquences d’animation dont le fameux travaileur de construction dans son trou. Et que dire de cet étrange bibitte qu’était cette chenille unltra-rapide qui semait la pagaille dans le studio! Tout à fait le genre d’émission comme il ne s’en fait plus depuis longtemps et que les « concepteurs » d’aujourd’hui auraient sûrement de bonne leçons à tirer. Et pouf!
Extrait tirée de la version française:
En version anglaise originale:
Partie 1/3:
Partie 2/3:
Partie 3/3:
J’aimais beaucoup la musique du générique lors de la fin de l’émission et j’ai finalement pu en retracer les détails; la pièce s’intitule « Java » et fut composée par Allen Toussaint en 1962. En 1964 la chanson instrumentale fut interprètée par le légendaire trompettiste Al Hirt et ce dernier reçut plus tard un Grammy pour cet enregistrement. Je vous propose donc la version intégrale de cette pièce.
Je ne sais pas pourquoi mais il se trouve une zone sur la ligne verte où le temps semble s’étirer. Où encore n’a plus de définition. Un peu comme quand on est assis chez le dentiste, que l’on a l’impression que ça fait douze heures qu’il nous concasse les molaires avec son matériel d’excavation mais que dans le fond ça ne fait que deux minutes. En revenant du boulot ça n’a pas raté. Ma partie de Bookworm n’allait nulle part alors j’ai serré mon appareil dans ma poche et regardé un peu autour.
A côté y’a un type qui semble lire « Le seigneur des anneaux » pour la première fois. Puis y’a cette fille qui refait son maquillage en prenant continuellement des photos d’elle avec son cellulaire parce qu’elle n’a pas de miroir. L’ado de service à la casquette trop grande et trois poils au menton semble valser entre le coma et la léthargie. De biais y’a une fille qui a enlevé son manteau Arctic Goose parce qu’elle avait probablement chaud. Comme on est dans le wagon qui branle sans bon sens, elle a les seins qui rebondissent dans toutes les directions. Et en face, un gars qui est profondément endormi, la tête contre le panneau publicitaire. Il rêve probablement à quelque chose de bien agréable. Quand on était en classe au secondaire et que ça arrivait c’était toujours le moment où le prof nous demandait d’aller résoudre un problème au tableau.
Ca m’arrive de temps en temps quand je me promène dans un coin de la ville que je ne connaît pas trop: j’me perd. Tourne ici, à gauche à la borne-fontaine, à droite au gros sapin, rien à faire. C’est à force de tourner en rond comme ça que j’ai découvert le parc Summit situé quelque part dans les hauteurs du Mont-Royal. Journée brumeuse en plus. Alors je suis parti me promener (en gloussant) dans la forêt en trimbalant mon attirail. Trouvé ce bout de sentier après une dizaine de minutes de marche. J’ai mis le trépied par terre et croisé les bras en observant cette scène. J’ai ensuite installé la caméra et débattu si je devais faire cette photo avec ma 17-70mm ou encore ma 50mm. Hésitation. J’ai pris la 17-70mm. Je pourrai toujours la refaire avec la 50mm si le résultat ne me plaît pas. Vissé la 17-70mm sur l’appareil et fait quelques ajustements. Educated guess. Pesé sur le bouton. Mouais. Trop sous-exposé en avant et on y voit rien. Ajustements. Deuxième photo. Mhhh mhhh. Pas mal mais je peux faire mieux. Je regarde encore la scène. Le sous-bois est très sombre. Mhh mhh. Faudrait que j’arrive à sous-exposer l’avant-plan comme du monde afin de rendre l’obscurité bien palpable. Et puis doser le reste pour bien voir la lumière qui vient du haut. Et celle du fond aussi. Mhh mhh.
Là j’ai eu cette vague impression que je n’étais pas seul. Savez cette sensation qu’on a au beau milieu du passage quand on va pisser à deux heures et quart du matin? Me suis retourné et là, derrière moi il y avait six personnes (debout) et deux chiens (assis).Là, j’ai presque fait comme dans un cartoon des Looney Tunes; partir dans les airs d’une traite pour finir en tremblant au bout d’un arbre. Je ne l’ai pas fait mais pour quelques secondes j’ai eu une sacrée trouille. Après quelques moments d’hésitation j’ai pensé que j’était dans le chemin et quand j’ai voulu tasser toutes mes babioles ils m’ont fait signe de ne rien bouger. Finalement ils voulaient s’assurer que je fasse une belle photo alors ils attendaient bien patiemment , presque depuis le tout début, que je finisse. Alors bon, sur la photo du haut, ce que vous ne voyez pas derrière sont ce petit groupe de gens (et deux chiens) qui m’ont regardé faire tout le long.
Dimanche dernier je me suis réveillé assez croche. Je me sentais comme un plancher de cinéma. Je me suis ensuite souvenu que la veille j’avais bu un grand verre de ce jus de bleuets bio-écolo-grano. Ca ne goûtait pas vraiment le bleuet durant les premières gorgées mais le fond d’aquarium dans les autres subséquentes. J’ai eu l’idée de vider le reste de la bouteille dans l’évier mais j’ai tout de suite repensé à cette scène dans le film « Alien » où le sang de la bibitte passe au travers trois niveaux (ou quatre) du Nostromo et l’équipage qui descend toujours plus bas pour voir jusqu’où ça gruge. Peut-être pour ça que la pharmacie vendait ce putain de jus à $1.99 au lieu de $10.99. C’était pas juste pour le prix que la caissière avait le sourire en coin quand elle a passé mes trois bouteilles.
Chaque fois que je vois un plan d’eau j’éprouve toujours cette envie irrésistible de le photographier. Pourquoi? Sais pas. Comme si je m’attendais à obtenir quelque chose de nouveau ou différent. De l’eau c’est de l’eau. Toutes les eaux se ressemblent, non? Pas comme le jus de bleuet.
Je vais vous en conter une bonne, mais c’est entre nous hein? J’étais encore jeune ado quand un jour il a fallu aller dans un salon funéraire. J’ai toujours profondément détesté aller dans ce genre d’endroit. Le genre de trouille qui donne des maudites crampes dans le ventre. Je déteste les morts. Pour mourir. Cette journée-là il y avait pas mal de monde dans le salon et ça jasait pendant que le machabbée était tout seul dans sa boîte. Et puis il a ouvert un oeil. J’ai eu instantanément eu l’air d’un punk. Le vert en moins. Non, attendez. Le vert je l’avais dans la face. Pas d’hallucination. Un oeil s’était bien ouvert. J’ai regardé tout le monde autour de moi et puis je me suis dit que certainement il y aurait quelqu’un d’autre que moi qui s’en apperçevrait. Là j’ai eu un moment « Twilight Zone ». Finalement quelqu’un a vu et c’est un employé du salon qui est venu arranger tout ça. Comme si de rien n’était.
Un peu plus tard, bien assis dans un fauteuil, toutes les lumières se sont éteintes. Le noir total. Là j’ai imaginé l’oeil qui s’ouvrait de nouveau. La panne a duré quelque chose comme quinze secondes. Pas plus. Probablement quelqu’un qui a appuyé sur l’interrupteur par mégarde. Ou un plaisantin. Un cave, quoi. Peu importe. Quand les lumières se sont rallumées j’étais déjà à quatre coins de rues. Pas de farces.
La grosse dichotomie là-dedans c’est que j’ai toujours cette chienne des salons et qu’aujourd’hui, passablement plus volumineux que durant ma svèlte et dynamique adolescence, je pourrais aisément doubler la distance que j’ai faite à l’époque. Huit rues. No less. Sais pas d’où vient cette peur. C’est comme celle des dentistes. Non, attendez, les dentistes je sais. C’est quand un fou a voulu me faire un traitement de canal à froid. Je vous raconterai, c’est hilarant. Enfin.
J’étais bien calé dans mon siège en train de me taper une autre de ces merveilleuses parties de Bookworm lorsque j’ai entendu les quatre notes fatidiques. Savez? Celles qui sont généralement suivies d’un râlement collectif et de la merveilleuse voix de Michelle Deslauriers qui nous annonce avec toute la conviction théatrale de C3P0 que nous allons très certainement arriver en retard à cause de porte bloquée/dégagement de fumée/panne de train/intervention des ambulanciers/un incident/une personne sur la voie/un frein de secours activé. Au choix. Parfois on a droit à un combo et même, dans certains cas à un McTrio. Quand ça arrive on sait tout de suite que c’est sur notre voie, dans notre direction. Ca manque pas. D’un iota. Pas ce soir. C’est la Orange et la Bleue qui l’on eu dans la tronche. Sur la verte on filait tout en sifflottant. En gloussant. Pour une fois. Non, on a pas gloussé mais bon.
Tout ça pour dire que l’été passé, en congé, je m’étais levé tôt et dehors il y avait toute cette brume. Pas pris le temps de déjeuner. C’est une journée parfaite pour la photo alors je mangerai n’importe quoi, à un moment donné. Peu importe. J’ai pris le métro pour aller vers le Mont-Royal. Un bout sur la Verte, sur la Orange et un autre sur la Bleue. Ouais. Parce que tanné de me faire enc*ler par les parcos sur Rememberance. J’avais prévu débarquer à Côte-des-Neiges (a.k.a. la station qui ressemble au Mausolée de Lénine) et marcher un peu. Pas de chance. On a fait patate entre Papineau et Beaudry si je me souviens bien. Jamais su ce qui était arrivé parce que les haut-parleurs dans notre wagon tenaient plus de Donald Duck qui se fait égorger que de Michelle Deslauriers. Putain que ce fut long. J’ai regardé dans mon sac si je n’aurais pas oublié un truc à bouffer. Rien. Suis sorti de Côte-des-Neiges avec pas mal de retard et suis monté comme un vieux percheron. Dix minutes plus tard c’était comme une vieille picouille. C’est fou comme ne pas manger le matin et attaquer une montagne ne vont pas ensemble comme activités. Quand je suis arrivé en haut la brume s’en allait. J’ai eu le temps de prendre cette photo quand même.Pas satisfait de la photo. Si. Parce que je ne suis jamais satisfait de mes photos. Le serai jamais. Toujours de quoi à dire et redire. J’aurais dû faire ceci. Celà.
Trente minutes après; ciel bleu et soleil au beau fixe. Z’auriez dû me voir la face. Et puis finalement: non.
J’ai été faire un tour aux puces avec l’ami Jason samedi dernier. Je ne pars jamais avec une idée précise, je laisse le hasard faire les choses. Encore une fois, en y allant, j’ai oublié mes foutues barniques alors j’ai plissé des yeux la moitié du temps que j’étais là-bas. Avec le temps on apprend à ne pas s’arrêter plus qu’il ne faut à certains kiosques, soit parce que les kiosques en question sont des foutoirs de merde poussièreuse empilée comme dans le derrière d’un camion à ordures ou encore parce que le proprio du kiosque vend toujours cinq foix plus cher que le marché. Et puis y’a les autres, ceux avec qui on peut négocier facilement et qui ne prétendent pas avoir des items que même Indiana Jones n’a jamais pu trouver.
Allez savoir pourquoi je me suis arrêté pour regarder un tas de vieux livres de recettes; Jehanne Benoît, Soeur Berthe, Jeanette Bertrand, Suzanne Lapointe et sa mère et tiens, un autre d’une religieuse dont personne n’a entendu parler. Puis, un livre a attiré mon attention. Un livre de recettes Heinz. D’abord parce qu’il datait pas mal et moi les vieilles publications rétro j’aime bien. Quand on a été graphiste, surtout à une époque où Photoshop n’existait pas, c’est assez l’fun à regarder la conception. Et puis j’aime bien farfouiner pour trouver des trucs intéressants comme l’imprimeur, l’emplacement de l’usine… Sa date de parution: 1938. Prix négocié: $2. Bon, évidemment je ne me mettrai pas à la cuisine parce que je suis nul en cuisine. En fait, le seul livre de recettes que j’ai est celui « el-cheapo » qui venait avec mon four micro-ondes.
j’aurais aimé avoir un bon vieux comptoir en arborite turquoise avec des étoiles jaunes comme fond…
Le fameux « 57″ qu’on voit sur les bouteilles de ketchup Heinz veut dire que la compagnie fabriquait à l’époque 57 variétés de produits.
Chaque page du livre est impeccable. On jurerait qu’il a été imprimé hier.